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Liste des articles dans la catégorie Films des annees 2000.

Bienvenue chez les ch’tis: Prophète en son plat pays et ailleurs

Astérix a veinement essayé de faire rire sous les couleurs de la Gaule, Paris a maladroitement vendu Paris, finalement seul Dany Boon fait mouche en combinant les 2. Il parle de la France et le fait bien

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C’est drôle, c’est bien joué, et le scénario tient la route. Que demander de plus ? Evidemment, un tel film, tout réussi qu’il soit n’aurait jamais du dépasser les 2 ou 3 millions d’entrées car ce n’est pas le film du siècle. Un tel phénomène ne se produit qu’une fois tous les 10 ans, la dernière fois c’était Amélie Poulain mais là, même la protégée de Jeunet va se faire éclater. Alors, il ne faut pas chercher à comprendre ce succès, le coup marketing d’une pré-sortie, et un énorme bouche-à-oreille ont suffi à transformer l’œuvre en futur plus gros carton de l’histoire du cinéma français (La grande Vadrouille battue? ). Par contre il faut s’interroger sur les reproches que certains peuvent faire au film. Et notamment la critique aussi assassine que bête de Michel Quint dans le Nouvel Observateur.

Ch’ti con

Alors la caricature nordiste est-elle combattue de façon efficace ?
La réponse est oui, sans équivoque. Les amateurs de clichés sont en effet très rapidement éconduits et même humiliés, par la dextérité de Dany Boon. On en vient même à se demander pourquoi a-t-il ressenti le besoin de démontrer cela ? Simplement car la connerie humaine est sans limite, et qu’il y a vraiment des gens qui croient que le Nord c’est pire qu’ailleurs, en tout cas en France. Une fois, ce travail de mise à niveau fait et fort bien fait, ce débat devient secondaire, servant juste de fil conducteur à l’histoire et laisse sa place à la vraie thèse du film. Car il ne faut pas se voiler la face, si le scenario en vient aussi rapidement à voir le héros à l’aise dans la région, c’est bien pour traiter d’autre chose: le principal thème du film n’est pas le cliché, mais bien le déracinement.
D’ailleurs le personnage de Kad Merad le dit clairement quand Dany Boon lui promet qu’il pleurera quand il repartira dans le Sud : « Non, car c’est chez moi » répond-il.
Et c’est bien là toute la complexité du rapport à ses racines qui est exprimée.
Peut-on s’adapter à une nouvelle vie ? A un autre cadre que celui dans lequel on a grandit,vécu ou évolué ?
La réponse est oui en l’espèce, c’est le parti pris et l’angle de l’histoire, mais elle aurait tout aussi bien pu être non. Les considérations sont beaucoup plus subjectives et compliquées que la simple réputation d’une région. Ville ou campagne, Méditérannée ou Mer du nord, la situation géographique de ses proches, etc….
Le Nord Pas de Calais sert de pretexte à une vraie question de société, sur le changement de vie en France. L’auteur en profite pour faire une déclaration d’amour à sa région.
Un vrai coup de génie. C’est rare, mais Cinérama adresse ses félicitations à Dany Boon et tout l’équipe du film.

Stavros

 

P.S. A l’attention de Michel Quint : il n’y a que dans un stupide premier degré que l’on ne peut voir dans ce film que des clichés rebattus à défaut d’être combattus.
Ce que l’on voit, c’est que la vie à Bergues, c’est la vie, un point c’est tout. A l’antithèse de Klapisch, quand il appelle son film Paris pour montrer Paris et qu’il montre la France, Boon, plus modeste mais beaucoup plus pertinent montre le Nord Pas de Calais pour illustrer la France.


Paris pas si magique

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Klapisch a fait du Kapisch, mais pas plus.

Les ingrédients d’un grand film étaient réunis: de bons acteurs, le meilleur auteur, un cadre d’exception et un sujet ambitieux. Hélas, si la réalisation est comme toujours merveilleuse, les histoires malgré leur lien, s’emboitent assez mal. Au final, le film qui voulait raconter la vie quotidienne ne raconte pas grand-chose. Des bribes de vie dans lesquels il est bien difficile de rentrer. Manque de crédibilité ou de réalisme à certains moments, manque d’audaces à d’autres, même les acteurs semblent plus en manque de repères que leurs personnages. Klapisch, sans doute par soucis d’éviter les clichés s’enferme dans des histoires sans existence réelle. A cela s’ajoute ses habituelles leçons politiques et sociales, pour le coup plutôt bien dressées et parfaitement caricaturales. Pour résumer, c’est mou du genou. La choralité est insuffisamment exploitée à cause du foisonnement de personnages dans un trop court laps de temps. Ce qui fait que certains héros n’apparaissent que 3 fois à l’écran avec toujours un souci capilotracté de faire s’entrecroiser au moins deux histoires différentes. Mention spéciale au trio Gilles Lellouche, Albert Dupontel et Julier Ferrier qui sont pourtant loin d’être nos acteurs préférés.  Ils se sortent magistralement du ronronnement permanent, en nous contant cette mini tragédie sociale d’une incroyable vérité et ce malgré la scène des pétasses de Rungis dont la présence est plus qu’anachronique et vraiment superflue même si elle permet d’évoquer des sentiments plus profonds. Sinon Duris est plat, Binoche est convenable, Luchini ne fait même pas tout à fait du Luchini, autant dire qu’il ne sert à rien. Mélanie Laurent est charmante et juste. On a demandé à Viard d’en faire des caisses, elle sait faire, mais apporte-t-elle quelque chose? Dommage que le personnage de Sabrina Ouazzani n’ait pas eu un rôle plus consistant. Un choix de production sans doute. 

Enfin, si on ne peut pas reprocher à Klapisch d’avoir voulu montrer la vie dans toute sa banalité par des exemples éculés ou  irréels, on peut lui reprocher d’avoir voulu nous faire croire que baiser ou crever à Paris c’était différent de la province. Ce film aurait tout à fait pu s’appeler Toulouse, Bordeaux ou Marseille. Et pourquoi pas Dunkerque? Ca lui aurait peut-être offert 5 millions d’entrées supplémentaires. Au final, en sortant de la salle, on se dit: « C’était un joli film quand même. » Oui mais pas plus.

Stavros


Les infiltrés: à voir sous infiltration

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Oscar du meilleur film 2007, oscar du meilleur réalisateur, Les Infiltrés est probablement un grand film. Probablement.
Pour se faire un avis sur le dernier film de Scorsese, il faut au moins le voir 2 fois, si ce n’est davantage. Je l’ai donc visionné une première fois quelques semaines après sa sortie, début 2007. Durant près de 2h30, le bluff l’a emporté. Souffle coupé, réalisation de choc, acteurs remarquables. On entre dans l’histoire, difficile d’en sortir. C’est ce qu’on appelle un film efficace, la patte Scorsesienne en plus. Tout allait bien jusqu’à la chute de l’intrigue. Je n’ai pas vu l’original asiatique dont est inspiré cet opus, peut-être une telle fin était-elle inévitable. Violence, cervelle écrasée, meurtres en cascade: soyez pas surpris, ça crève sévère. Le problème c’est que les scènes finales s’enchaînent sans qu’on en saisisse vraiment le sens. En guise d’épilogue, on nous sert un retour à la moral toujours aussi biscornu. Le générique nous indique alors qu’il faut quitter la salle. Quelques jours après à peine, je découvrais Truands et l’honneur de Scorsese était sauf.
 

Une adaptation à la truelle

Fevrier 2008, nouveau visionnage sur Canal+ cette fois. Le film est décidément très bon, mais toujours très compliqué. Pas forcemment en apparence, la trame est on ne peut plus simple, mais surtout dans la vie des personnages, c’est-à-dire au niveau de ce que l’on appelle les intrigues de second plans qui rendent un film plus passionnant qu’un autre. Le passé des uns et des autres entre en ligne de compte, mais on ne voit pas exactement comment. Sautent également aux yeux, les imperfections du scénario, au niveau de l’évolution des héros. Plus ou moins doués selon les scènes, leur amateurisme est parfois troublant. Cette fois, les scènes finales sont moins choquantes et collent mieux au contexte. Par contre, au générique on veut toujours savoir. Pourquoi ? Pourquoi? Pourquoi? Si le scénario a été bien travaillé pour une adaptation psychologique irlando-américaine qui tient ses promesses, la part laissée à la compréhension du spectateur est encore beaucoup trop vaste.

P.S.  : Un mot sur la bande originale : somptueuse.


Truands plus faux que nature

Faire un  énième film sur le « milieu » français aurait pu être une bonne idée. Et en fait pas du tout.

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Cinerama aime beaucoup Philippe Caubère. C’est un comédien vraiment très doué, qui a rencontré le point culminant de sa carrière dans La gloire de mon père, parfait en Joseph Pagnol. Tout le monde se demande pourquoi un tel surdoué se consacre essentiellement au théâtre. Frédéric Schoendorfer nous a apporté hélas un élément de réponse en lui proposant d’incarner un caïd dans Truands diffusé actuellement sur Canal+. Caubère est faux, de bout en bout, jamais il ne parvient à être crédible. On ne croit pas à ses colères, ses émotions sont forcées, rarement un acteur n’aura été aussi peu inspiré. A l’instar des enfants, les rôles de composition sont parfois cruels. La mise en scène n’était déjà pas fameuse, avec du grand guignol en veux-tu en voilà, mais le papa de Marcel tue toute ambition. Même Magimel pourtant fidèle à sa médiocrité et à ses 3 expressions, paraît plus en jambe, pour un personnage, il est vrai sans doute plus proche de sa vraie nature.

Marchal ombre 

Bizarrement dans cet océan de merde, Olivier Marchal tire son épingle du jeu. Il démontre aux spectateurs, pour le moins surpris, que même dans la peau d’un dur, on peut faire preuve de nuance. Une leçon à méditer pour Tcheky Karyo. Au crédit de Marchal, on peut même préciser que c’était un vrai contre-emploi, pour cet ancien flic. C’est pourtant bien maigre comme satisfaction. A part de la pute, du sang, des flingues, et des trahisons en cascade, on cherche vaguement une intrigue. Mais après-tout, on va s’en passer. Beau message en guise de fin, à l’attention de tous les jeunes qui vont se pamer devant cette beine à ordures: « Si tu baises tes amis, tu baiseras tout court. » Ou peut-être, « si tu veux du fric, tue des gens, si ça se trouve on te retrouvera pas. » Et pourquoi pas « La pègre c’est pas mal, t’as de belles bagnoles ». Respect.

Stavros


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