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Décès de Richard Widmark

Le comédien américain Richard Widmark, décédé lundi à l’âge de 93 ans, était un grand acteur trop peu reconnu. Remarqué dès son tout premier rôle dans « Le carrefour de la mort » (1947) d’Henry Hathaway, il était devenu l’une des légendes de Hollywood en tournant quelque 70 films sous la direction des réalisateurs les plus prestigieux mais s’était toujours tenu à l’écart des médias et du star-system pour protéger sa vie privée ce qui explique peut être son relatif anonymat.

Un homme à part

Le regard azur, ce blond au sourire ambigu semblait pourtant trop intellectuel aux yeux d’Hathaway mais il avait fini par lui donner sa chance face à l’intransigeance de Darryl Zanuck, le patron de la 20th Century Fox.

Comédien doué, il donnait de la profondeur à tous ses personnages, ce qui lui avait rapidement permis de troquer le costume de « sale type » contre des rôles de victimes dans « Les forbans de la nuit » de Jules Dassin (1950) et de héros dans « L’homme aux colts d’or » d’Edward Dmytryk (1959).

Indépendant, il était l’un des rares acteurs à s’être lancé dans la production (1957) pour mieux contrôler sa carrière et l’une des premières stars du cinéma à tourner pour le petit écran dans la série policière « Madigan » (1971).

Démocrate convaincu, il haïssait la violence et regrettait l’évolution du cinéma américain, dirigé selon lui par « des hommes d’affaires sans aucune dignité ».

Un parcours atypique

Né le 26 décembre 1914 à Sunrise (Minnesota, nord), Richard Widmark est un jeune homme studieux, licencié en science politiques, qui prend conscience de ses convictions politiques en traversant l’Allemagne nazie alors qu’il fait le tour de l’Europe à vélo.

Passionné par le théâtre, il est à 24 ans professeur de diction et d’art dramatique à l’université de Lake Forrest et débute à la radio avant de brûler les planches à Broadway, notamment aux côtés d’Ingrid Bergman dans « Jeanne d’Arc ».

Après sa révélation dans « Le carrefour de la mort », il tourne film sur film, notamment « Panique dans la rue » (Elia Kazan, 1950), « La porte s’ouvre » (Joseph L. Mankiewicz, 1950), « Le port de la drogue » (Samuel Fuller, 1953) et « La toile d’araignée » (Vincente Minelli, 1955).

Il revient au western avec « Alamo » (John Wayne, 1960) et « Les Cheyennes » (John Ford, 1964), son cinquantième film, pour lequel ses amis avaient inscrit, sur un gâteau, « à ton centième cadavre » pour les deux morts qu’il avait à son actif par film.

Il tourne aussi pour de nouveaux réalisateurs comme Don Siegel dans « Police sur la ville » (1968) ou Robert Aldrich dans « L’ultimatum des trois mercenaires » (1977).

Moins présent sur les écrans depuis les années 70, Richard Widmark avait tourné une dernière fois sous la direction de Herbert Ross dans « True colors » (1990). Discret et effacé, Richard Widmark nous quitte sans même avoir remporté un Oscar qu’il aurait pourtant mérité, eu égard à sa remarquable carrière et à son grand talent.

Burt

Le voici en 1996 :

Richard Widmark


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